JACK DEJOHNETTE

L'un des plus fins batteurs de Miles rejoue une bande-son au film culte sur le premier noir champion du monde de boxe.

  • 1942 naissance à Chicago.
  • 1965 joue aussi bien en compagnie de bluesmen du South-side, qu'avec les musiciens de l'AACM, et remplace même Elvin Jones auprès de John Coltrane.
  • 1968 à New-York, joue avec Thelonious Monk, Abbey Lincoln, Stan Getz.
  • 1970 habitué des studios, rencontre et enregistre avec Miles Davis, et grâce à lui, Keith Jarrett.
  • 1979 ses groupes Special Edition (avec David Murray, Arthur Blythe, Nana Vasconcelos) détournent le style du label ECM vers la nouvelle musique noire américaine.
  • 1986 en plus du trio avec Jarrett et Peacock, on le retrouve avec Ornette Coleman et Pat Metheny…
  • 1988 Jack DeJohnette Special Edition (avec Gary Thomas et Greg Osby) à Banlieues Bleues, la même année que… Miles Davis !

L'un des plus fins batteurs de Miles Davis rejoue et offre une bande-son au film culte sur le premier Noir champion du monde de boxe, l'à jamais légendaire Jack Johnson, dont la devise aurait pu être celle du trompettiste : "Je suis noir et ils ne me laisseront pas l'oublier. Je suis noir et je ne les laisserai pas l'oublier."

Au début des années soixante-dix, Jack DeJohnette a joué un rôle décisif dans l'évolution de la musique de Miles : protagoniste justement des Jack Johnson Sessions, il lui a permis d'accéder à de nouveaux univers en lui fournissant un axe rythmique plus complexe et puissant, mixte de funk, free jazz et rock évident. D'où sa présence active à ce projet (créé au Barbican Center de Londres en 2006), où, confronté au documentaire de William Cayton consacré au champion poids lourd, il s'impose comme un évident gage d'authenticité. Entouré de trois jeunes représentants de la scène britannique la plus vive -à commencer par le formidable trompettiste multi-instrumentiste Byron Wallen, trop méconnu ici- et du guitariste David "Fuze" Fiuczynski qui se définit lui-même, de manière très milesdavisienne, comme "un musicien de jazz qui ne veut pas jouer que du jazz", DeJohnette a astucieusement évité une "relecture" des thèmes signés par le trompettiste, préférant les utiliser comme autant d'étincelles inspirantes afin de prolonger l'oeuvre canonique de Miles et d'aller plus loin, choisissant précisément de ne pas redoubler la bande-son initiale et d'intervenir sur des séquences où celle-ci se taisait. Et dans cette nouvelle aventure l'élan et l'énergie du batteur, sexagénaire, ne laissent pas de surprendre dans la mesure où ils sont loin d'être étrangers au groove, plus contagieux que jamais, de cette biographie parcourue-racontée à un tempo, en tous sens, d'enfer. Ou plutôt les mémoires ici entrelacées de deux héros de l'Afro-Amérique: le poids lourd Jack Johnson et le boxeur amateur Miles Davis. De quoi sortir k.o., mais trop content, à la fin du concert.

www.jackdejohnette.com

Jack DeJohnette, 1970

"Miles's music was crossing over there at that point so he was reaching a larger audience and a lot of the rock musicians were really also getting turned on to Miles, and it was a great meeting of musical cultures.

The drummer was the anchor his function laying down the groove, especially in that electric period. Laying down the groove and also embellishing the groove, Keeping a steady pulse, but, changing it, shifting it. you know Making subtle changes in it. Providing shall we say the fire, stoking the fire, putting the heat on. Putting colours on top, that's what I was doing…"

Jack DeJohnette 2003



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